La réflexologie en entreprise
Il y a des séances qui laissent une empreinte différente.
Celles où le toucher prend une dimension inattendue.

Il y a un peu plus d’un an, j’ai accueilli dans mon cabinet de réflexologie à Nantes une femme sourde profonde et totalement aveugle depuis plusieurs années.

Nous l’appellerons Angèle.

Elle ne connaissait pas la réflexologie. C’est grâce à mon amie Géraldine Peyroux, sophrologue, qu’elle a entendu parler de moi.

Des pieds très sollicités au quotidien

Angèle est venue avec une plainte bien précise : une importante fatigue plantaire. Cette sensation d’avoir les pieds lourds, constamment sollicités, presque surchargés.

Depuis qu’elle a perdu la vue, ses pieds sont devenus bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Ils sont ses repères, son point d’ancrage, son lien avec l’espace qui l’entoure. Chaque déplacement demande une attention particulière et une grande concentration.

Elle souffrait également d’une circulation veineuse paresseuse, d’un sommeil irrégulier et de quelques désagréments liés à la pré-ménopause.

Sportive, active et très à l’écoute de son corps, Angèle prend soin d’elle et cherche différentes approches pour améliorer son quotidien.

Prendre le temps, tout simplement

Mon cabinet ne nécessite pas d’aménagement particulier pour accueillir une personne présentant ce type de handicap. En revanche, une chose me paraît essentielle : prendre le temps.

Nous prévoyons donc systématiquement une demi-heure supplémentaire, sans coût additionnel. Ce temps lui permet d’arriver sereinement, de s’installer, d’échanger avec moi grâce à son interprète et de repartir sans précipitation.

Son interprète joue d’ailleurs un rôle précieux. Il facilite nos échanges tout en sachant s’effacer lorsque c’est nécessaire, afin que la relation se construise avant tout entre Angèle et moi. J’apprécie beaucoup cette discrétion qui laisse toute sa place à la rencontre.

Découvrir les sensations de la réflexologie

La première séance m’a particulièrement marquée.

Angèle était très curieuse. Tout au long de la séance, elle me posait des questions sur ce qu’elle ressentait. Elle exprimait son étonnement face aux sensations qui apparaissaient, décrivait ce qui remontait dans ses jambes, parlait des zones qui semblaient réagir. C’était une véritable découverte pour elle.

Je ne lui décrivais pas chacun de mes gestes. En revanche, lorsqu’elle me demandait sur quelle zone je travaillais ou ce qu’elle pouvait ressentir, je prenais le temps de lui répondre. Au début et à la fin de chaque séance, nous faisons également le point sur son état général, sur ce qui a évolué depuis la séance précédente et sur ses ressentis.

Voir la confiance s’installer

Au fil des mois, quelque chose a changé.

J’ai vu son visage se détendre davantage pendant les séances. Le silence s’installe pendant un moment. Elle s’avoure ce temps suspendu. Sous mes doigts, ses pieds se relâchent progressivement.

Un détail m’a particulièrement touchée.

Lors des premières séances, Angèle gardait toujours ses lunettes. Puis un jour, avant même de s’installer sur la table, elle les a retirées spontanément. Ce geste peut paraître anodin, mais je l’ai vécu comme un signe de confiance et de lâcher-prise. C’est le genre de petit détail qui en dit parfois beaucoup.

Aujourd’hui, Angèle revient environ tous les deux mois. Cela fait maintenant près d’un an que je l’accompagne.

Ses douleurs plantaires se sont nettement atténuées au fil du temps. Il serait toutefois réducteur d’attribuer cette évolution à la seule réflexologie. Elle a également appris à mieux vivre avec son handicap, à gagner en confiance dans ses déplacements et continuer, en parallèle, d’autres démarches pour prendre soin d’elle.

Le toucher comme moyen de communication

Cette rencontre m’a confortée dans une conviction : le toucher est aussi une forme de communication.

Avec Angèle, les échanges passent bien sûr par les mots, grâce à son interprète. Mais pendant la séance, le toucher prend une place toute particulière. J’ai parfois eu le sentiment qu’elle perçoit avec une grande finesse ce qui se passe dans son corps. C’est un ressenti personnel, mais il me marque.

Chaque séance est différente, chaque personne l’est aussi. C’est ce qui rend ce métier si passionnant.

Une pratique accessible à tous

Cette expérience me rappelle aussi que la réflexologie peut être proposée à des personnes en situation de handicap, lorsque les conditions d’accueil sont réunies et que l’accompagnement est adapté à leurs besoins.

Au cours de ma pratique, j’ai accompagné plusieurs personnes présentant des handicaps très différents. À chaque fois, ce qui compte avant tout, c’est la personne, son histoire, ses attentes et son rythme.

Le handicap fait également partie de mon histoire personnelle puisque mon fils aîné est lui-même en situation de handicap. Cette réalité nourrit certainement ma sensibilité à l’accueil de chacun, avec simplicité et sans jugement.

J’aimerais que davantage de personnes concernées sachent qu’elles peuvent pousser la porte d’un cabinet de réflexologie. Non pas parce que cette pratique remplace un suivi médical — ce n’est pas son rôle — mais parce qu’elle peut offrir un moment de détente, d’écoute et de bien-être, dans un cadre respectueux de chaque parcours.

Parfois, il suffit simplement d’un peu plus de temps, d’une présence attentive… et de la confiance qui s’installe, séance après séance.

Il y a des séances qui laissent une empreinte différente.
Celles où le toucher prend une dimension inattendue.

Il y a un peu plus d’un an, j’ai accueilli dans mon cabinet de réflexologie à Nantes une femme sourde profonde et totalement aveugle depuis plusieurs années.

Nous l’appellerons Angèle.

Elle ne connaissait pas la réflexologie. C’est grâce à mon amie Géraldine Peyroux, sophrologue, qu’elle a entendu parler de moi.

Des pieds très sollicités au quotidien

Angèle est venue avec une plainte bien précise : une importante fatigue plantaire. Cette sensation d’avoir les pieds lourds, constamment sollicités, presque surchargés.

Depuis qu’elle a perdu la vue, ses pieds sont devenus bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Ils sont ses repères, son point d’ancrage, son lien avec l’espace qui l’entoure. Chaque déplacement demande une attention particulière et une grande concentration.

Elle souffrait également d’une circulation veineuse paresseuse, d’un sommeil irrégulier et de quelques désagréments liés à la pré-ménopause.

Sportive, active et très à l’écoute de son corps, Angèle prend soin d’elle et cherche différentes approches pour améliorer son quotidien.

Prendre le temps, tout simplement

Mon cabinet ne nécessite pas d’aménagement particulier pour accueillir une personne présentant ce type de handicap. En revanche, une chose me paraît essentielle : prendre le temps.

Nous prévoyons donc systématiquement une demi-heure supplémentaire, sans coût additionnel. Ce temps lui permet d’arriver sereinement, de s’installer, d’échanger avec moi grâce à son interprète et de repartir sans précipitation.

Son interprète joue d’ailleurs un rôle précieux. Il facilite nos échanges tout en sachant s’effacer lorsque c’est nécessaire, afin que la relation se construise avant tout entre Angèle et moi. J’apprécie beaucoup cette discrétion qui laisse toute sa place à la rencontre.

Découvrir les sensations de la réflexologie

La première séance m’a particulièrement marquée.

Angèle était très curieuse. Tout au long de la séance, elle me posait des questions sur ce qu’elle ressentait. Elle exprimait son étonnement face aux sensations qui apparaissaient, décrivait ce qui remontait dans ses jambes, parlait des zones qui semblaient réagir. C’était une véritable découverte pour elle.

Je ne lui décrivais pas chacun de mes gestes. En revanche, lorsqu’elle me demandait sur quelle zone je travaillais ou ce qu’elle pouvait ressentir, je prenais le temps de lui répondre. Au début et à la fin de chaque séance, nous faisons également le point sur son état général, sur ce qui a évolué depuis la séance précédente et sur ses ressentis.

Voir la confiance s’installer

Au fil des mois, quelque chose a changé.

J’ai vu son visage se détendre davantage pendant les séances. Le silence s’installe pendant un moment. Elle s’avoure ce temps suspendu. Sous mes doigts, ses pieds se relâchent progressivement.

Un détail m’a particulièrement touchée.

Lors des premières séances, Angèle gardait toujours ses lunettes. Puis un jour, avant même de s’installer sur la table, elle les a retirées spontanément. Ce geste peut paraître anodin, mais je l’ai vécu comme un signe de confiance et de lâcher-prise. C’est le genre de petit détail qui en dit parfois beaucoup.

Aujourd’hui, Angèle revient environ tous les deux mois. Cela fait maintenant près d’un an que je l’accompagne.

Ses douleurs plantaires se sont nettement atténuées au fil du temps. Il serait toutefois réducteur d’attribuer cette évolution à la seule réflexologie. Elle a également appris à mieux vivre avec son handicap, à gagner en confiance dans ses déplacements et continuer, en parallèle, d’autres démarches pour prendre soin d’elle.

Le toucher comme moyen de communication

Cette rencontre m’a confortée dans une conviction : le toucher est aussi une forme de communication.

Avec Angèle, les échanges passent bien sûr par les mots, grâce à son interprète. Mais pendant la séance, le toucher prend une place toute particulière. J’ai parfois eu le sentiment qu’elle perçoit avec une grande finesse ce qui se passe dans son corps. C’est un ressenti personnel, mais il me marque.

Chaque séance est différente, chaque personne l’est aussi. C’est ce qui rend ce métier si passionnant.

Une pratique accessible à tous

Cette expérience me rappelle aussi que la réflexologie peut être proposée à des personnes en situation de handicap, lorsque les conditions d’accueil sont réunies et que l’accompagnement est adapté à leurs besoins.

Au cours de ma pratique, j’ai accompagné plusieurs personnes présentant des handicaps très différents. À chaque fois, ce qui compte avant tout, c’est la personne, son histoire, ses attentes et son rythme.

Le handicap fait également partie de mon histoire personnelle puisque mon fils aîné est lui-même en situation de handicap. Cette réalité nourrit certainement ma sensibilité à l’accueil de chacun, avec simplicité et sans jugement.

J’aimerais que davantage de personnes concernées sachent qu’elles peuvent pousser la porte d’un cabinet de réflexologie. Non pas parce que cette pratique remplace un suivi médical — ce n’est pas son rôle — mais parce qu’elle peut offrir un moment de détente, d’écoute et de bien-être, dans un cadre respectueux de chaque parcours.

Parfois, il suffit simplement d’un peu plus de temps, d’une présence attentive… et de la confiance qui s’installe, séance après séance.

Les informations présentées dans cet article sont le reflet de mon point de vue personnel. Il est essentiel de rappeler qu’il est recommandé de solliciter l’avis d’un professionnel de la santé qualifié pour des conseils médicaux adaptés à votre situation particulière.

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